L'inde vue par Alexis (8ans)

jeudi 16 février 2012

10/ Un peu d'histoire et ça repart


L'Inde est un véritable "mix" :

Eric et moi tentons d'expliquer des "rudiments" de l'Inde aux enfants, tant ce pays est vaste et complexe : pays indépendant depuis 1947, un sous-continent à lui seul, plus d'un milliard d'habitants resencés, plusieurs religions, plusieurs ethnies, plusieurs langues... et tout ça ensemble nous donne un vrai massala !! Nous parcourons l'Inde du Nord depuis 2 semaines et les enfants sont intrigués par la forte présence musulmane, et par les réguliers appels à la prière, alors que le pays visité est sensé être ... hindou !!!
Alors que je vous rédige ce post, j'entends la voix envoûtante du muezzin de la mosquée voisine ...

la Jama Masjid d'Agra (mosquée principale)

La présence musulmane en Inde du Nord remonte à l'an 1000, quand les premières tribues afghanes converties à l'Islam envahissent régulièrement l'Inde du Nord. Après les premières victoires musulmanes sur les populations hindoues, c'est tout un empire florissant qui prend vie ici, en 5 siècles d'histoire. Les indiens du Nord sont aujourd'hui originaires d'Asie centrale, de Perse (Iran actuel) et d'Afghanistan.

Deux noms à retenir : celui d'Akbar d'abord, empereur Moghol qui fonde sa capitale à Fathepur Sikri, puis à Agra, vers 1500. Celui de Shah Jahan, ensuite, le petit fils d'Akbar, qui fit bâtir le tombeau le plus célèbre du monde (objet du post précédent), pour sa défunte épouse, Mumtaz Mahal.
Notre guide, un vieux musulman qui nous a accompagné ce matin à Fathepur Sikri, l'ancienne capitale, parle un français quasi-impeccable.

Joachim et Alexis sur l'échiquier à taille humaine du palais d'Akbar, à Fathepur Sikri

L'empire Moghol laisse en Inde du Nord des vestiges fabuleux, tels que cette cité classée au patrimoine mondial par l'Unesco, des forteresses, des mosquées, une architecture, des arts ...
Plus de 60 ans après la "partition", c'est à dire le morcellement de l'ancienne colonie britannique donnant naissance à l'actuel Pakistan, les tensions entre communautés musulmanes et hindoues en Inde persistent.

"Pour les musulmans, le diable était jadis un acolyte de Dieu, qui finit un jour par se fâcher avec lui et se mit à travailler en free-lance. Depuis lors, une guerre des cerveaux oppose Dieu et le diable" Aravind Adiga, écrivain indien

Claire


"Bonjour,
aujourd'hui on a visité Fathepur Sikri, à quelques km d'Agra. Une mosquée très jolie.
On a choisi un guide qui parlait français; il nous a montré toutes les pièces du palais. L'empereur Akbar était très puissant mais aussi très cruel. Il avait dans ses écuries 2 000 dromadaires, 5 000 éléphants pour son armée et des centaines de chevaux. Des pièces étaient recouvertes d'or ou de mosaïques vertes et bleues, des fois des sculptures. Il possédait une grande armée. Il avait une piscine dans son palais, des serviteurs, des ministres. Quand il rencontrait quelqu'un il allait dans son bureau très grand et très beau." Joachim

la piscine de Fathepur Sikri, alimenté par l'eau de la mousson

"Voilà, 1500 roupies plus tard, avec toute la bonne volonté d'un ado responsable d'un cyber café, qui nous a orienté vers une boutique de téléphonie (qui vend également du papier toilette!) qui a fait venir en moto "spécialy for you" un responsable du fournisseur d'accès, et un formulaire, digne de notre sécu des années 70, qu'il a fallu recommencer car nous ne  l'avions pas écrit à l'encre noire : nos problèmes de connection internet sont résolus, et vous pouvez donc suivre la suite de nos pérégrinations ! J'en profite pour remercier tous ceux qui nous adressent des mels (je sais, ce n'est pas facile de répondre sur le blog), cela nous fait très plaisir, nous avons parfois un peu de retard, mais nous répondrons à tout le monde. ...

... comme vous l'imaginez, une famille de visage pales avec deux enfants ne passe pas toujours inaperçue dans les rues ! Joachim et Alexis font sensation et nous avons même été invités à un mariage auquel il n'était, hélas, pas possible de nous rendre ! ...


... alors parfois je me demande : qu'est-ce que ce serait si j'avais une aussi grande famille que lui !!!" Eric










mercredi 15 février 2012

9/ le Taj Mahal a une mauvaise connection internet

"Salut les copains, ce matin j'ai visité le Taj Mahal ! Il est magnifique. C'est un tombeau qu'un empereur a fait construire pour sa femme ! 20 000 ouvriers ont mis 22 ans pour le construire ! Il faut enlever ses chaussures pour entrer à l'intérieur et pour voir le tombeau de l'empereur et de sa femme. Alexis"



La photo fait un peu (beaucoup) cliché mais il était difficile d'y échapper ! Nous avons un problème de connection internet dont nous vous raconterons les péripéties dans un prochain "post". Nous sommes donc revenus (provisoirement) au bon vieux cyber café, mais nous vous promettons un message plus complet pour demain. Eric 

" Salut, j'ai vu le taj Mahal, qui est un tombeau. Une rivière passe derrière : la Yamuna. Il y a des écureuils, des singes et des perroquets partout !! Beaucoup de touristes viennent chaque jour à Agra pour le regarder. Comment le trouvez-vous ?" Joachim

dimanche 12 février 2012

8/ Friends of Orchha


Nous passons quelques jours à Orccha, au vert. C’est un village de 8 000 habitants, où nous avons choisi un mode d’hébergement qui nous avait déjà séduits à Meknès, au Maroc : chez l’habitant. Pour mieux faire connaitre sa culture, sa façon de vivre, une famille d'Indiens accueille une famille de voyageurs. Les Indiens qui nous ont accueillis ont 3 enfants, et logent aussi leurs grand parents, dans une petite maison avec un jardin.  C’est l’association « Friends of Orccha » qui organise cette alternative à l’hôtellerie plus classique, le prix est ensuite partagé entre la famille et l'association qui finance diffférentes actions d'éducation ou de développement dans le village.

Nous aimerions re-trouver en Inde un hébergement aussi amical et authentique, malheureusement peu développé ici.

 voici le site WEB de Friends of Orchha :




Voici Anou (la jeune femme à droite) avec sa famille, qui nous a accueillis pendant ces 3 jours, durant lesquels les enfants ont joué au cricket, échangé en "anglais-français-hindi-langage des signes", ont même (tenté de) fait(re) leurs devoirs en groupe, et se sont promenés dans les champs environnants ...

Merci également à Erika (Suisse et Marseillaise!) qui faisait un long séjour au homestay d'Anou, avec qui nous avons partagé beaucoup de discussions intéressantes. Merci enfin à Denise, la gérante écossaise du Didi's café, qui nous a "retapé" notre Alexis un peu perturbé par les premières turbulances intestinales !!!

Alexis, Joachim, Nitu (la petite fille) et Bishal (le petit mec)

Nous avons parcouru à pied les champs autour de Ganj, le petit village où nous avons dormi. Beaucoup de hameaux n'ont pas l'électricité. Les villageois voulaient nous toucher !! J'aurais aimé leur dire que nous ne venions pas de Mars, mais de la même planète !!

Tout va bien, nous avons repris le train cet après midi et nous sommes à présent à Gwalior.

Claire et Eric

                                                       La question du jour (pour les camarades de classe d'Alexis et Joachim, mais les autres peuvent également participer) : QU' EST-CE QUE C EST ?

Deux indices pour vous aider : ça se fait sècher ... et ça peut même se vendre ...  Eric

vendredi 10 février 2012

7/ chaleur et poussière sur les routes du Madhya Pradesh



"Une fois que vous aurez senti la poussière de l'Inde, vous ne vous en libèrerez jamais" Margaret Rumer Godden, écrivain, Ecosse ( 1907 - 1998)


Il est bien terminé le temps où Eric et moi voyagions comme des « Amish », le temps où on dînait ou lisait à la lueur d’une bougie , le temps des douches froides à 6h du matin, le temps de l’unique coup de fil du mois passé vers l’Europe pour rassurer nos parents, le temps où les cartes postales n'étaient jamais sures d'arriver à destination à cause des postiers indélicats qui décollaient les timbres pour les revendre au noir … Comme c’est confortable de voyager avec un micro portable et une connection internet quasi permanente !
Jo, à la fenêtre de notre Tata louée

De Bhopal nous voici à Orccha, après 10 heures sur les routes du Mdhya Pradesh. Au cours de notre précédent voyage, les Marocains avaient pour habitude de dire, entre humour et fatalisme, « Au Maroc, toutes  les possibilités sont possibles ». Ici, le slogan national c’est « Incredible India ! ». J’ai ma petite interprétation personnelle :  en Inde, même l’impossible est possible …


Prenez par exemple une autoroute dont la construction vient de s’achever, une belle deux fois deux voies , séparée par un muret ... En Inde on roule à gauche, mais chacune des deux voies de l’autoroute est utilisée à double sens ! Joie et bonheur, mais surtout faites attention  quand vous prennez la bretelle d’accès !!


Je profite pour saluer tous les prochains voyageurs : Hubert, qui rejoint sa famille à Dubaï, Daniele et Tessa qui partent en Arizona, Béatrice et sa petite troupe qui s’envolent vers le Sri Lanka ...


Claire (auteur du post)

mercredi 8 février 2012

6/ On s'intègre !!

"Salut, j'ai découvert le cricket, c'est le sport préféré des indiens, les enfants jouent au cricket dans la rue. Dans ce jeu il y a 3 joueurs, le joueur de droite doit lancer la balle à la main au joueur de gauche, le joueur du milieu essaye de frapper la balle avec sa batte. Sur cette photo je suis le batteur. C'est plus dur qu'on ne le pense !

Et là, je suis en train de faire mes leçons (sur le son "oir" et "oire") dans le train. Une prochaine fois, je vous montrerai des photos de la circulation en Inde : je vous préviens c'est la panique totale ! Il y a des animaux sur la route, tout le monde klaxonne de tous les côtés et ça secoue ! Bye, Alexis"  

"Salut, la statue qui est à côté de moi est un dieu éléphant qui porte chance. Il s'appelle Ganesh. Les indoux croient en beaucoup de dieux et déesses qui sont des hommes ou des animaux ! Je connais Hanuman qui est un singe, Ganesh qui est un éléphant, Kali qui est la déesse de la mort et Shiva qui est le dieu créateur et destructeur ! 

Aujourd'hui en visitant le temple de Sanchi j'ai vu des écureuils ! Il y en a dans tous les temples. Il sont rigolos : quand ils courent ils ont une longue queue qui se redresse. Ils sont de petite taille et ils sont mignons." Joachim

Bon, quelques jours après notre aterrissage nous commençons, un peu, à nous sentir dans le bain. Les vêtements, la cuisine, la ferveur religieuse, la conduite automobile, les animaux ... cela ne va pas être facile de mettre tout ça en photo le blog, mais nous allons essayer de faire de notre mieux. A gauche un temple de Shiva. 

Soulagement cet après-midi au temple de Sanchi : nous n'étions pas les touristes les plus détonnants dans le paysage ... Eric



samedi 4 février 2012

5/ Vanarasi, "dying city, burning city"

 Demain 5 février, départ en train pour Bhopal et déjà la fin de notre première étape à Bénares (Vanarasi en hindi). Bénarès, un nom mytique comme Saïgon, Tombouktou, Valparaiso et d'autres ... Alors finalement Bénarès ? La saleté ? Ni plus ni moins que dans ces villes de ce que l'on appelait "à mon époque" le tiers monde. Mystique ? Peut être pas tant que cela, car les ghats (quais sacrés) ne s'étendent que sur 2 ou 3 km d'un seul côté de la rivière, le reste de la ville n'étant ... 

... peut être pas banal mais, à nos yeux, identique aux autres villes indiennes. Sacrée ? Alors là sûrement, car autour de quelques touristes occidentaux et d'hôtels qui sont beaucoup moins nombreux qu'on pourrait le craindre, les indiens viennent, parfois de très loin, en grand nombre, matin et soir, prier sur les ghats, et les images d'indiens s'immergeant dans le fleuve sont réellement présentes, de même que les bûchers de crémation quotidiens que nous avons trouvé organisés et discrets ... Finalement, dans cette Inde assez folle, j'ai presque trouvé les ghats de Bénarès à échelle humaine ! Éric


Varanasi : dying city, burning city... les hindous l'appellent ainsi. Les pèlerins, ou personnes âgées décidées à y vivre leurs derniers instants sont nombreux à se rendre dans la ville sainte, sur les rives du fleuve sacré. Pour s'immerger, pour y mourir, ou s'y faire incinérer. Ce lieu peut se comparer à Jérusalem pour les chrétiens ou la Mecque pour les musulmans.

James Bond n'aurait pas gardé un tel sang-froid dans un embouteillage indien....
Benares - Sarnath :
Il est meilleur que James Bond ou Mickael Schumacher ... pour nous emmener à Sarnath, dans la folle circulation indienne, il parvient à s'infiltrer sur "l'autoroute" Delhi-Kolkatta en auto-rickshaw, entre les vélos, les camions et les vaches, mais l'industrie du cinéma indien ne l'a jamais retenu pour un casting... dommage, effets très spéciaux garantis !!
voici notre chauffeur de rickshaw : - Alors, Ramesh, à quand la célébrité ??

dans les ruines bouddhistes de Sarnath
Sarnath est situé à 15 km de Bénares, et regroupe les ruines d'une cité où aurait vécu le Bouddha et où il aurait commencé à prêcher, il y a 5000 ans.
Une joyeuse et fervente petite communauté tibétaine (ou himalayenne) tourne autour de l'immense stupa (au fond à droite).
Claire

vendredi 3 février 2012

4/ Bénarès la ville du Gange

"Salut. Aujourd'hui j'ai vu un singe sur le toit de l'hôtel. Nous sommes allés acheter des billets de train pour après-demain, et l'après-midi nous sommes allés sur les bords du Gange. Il y avait des personnes qui priaient dans cette rivière sacrée (très sale et très polluée) et d'autres personnes qui priaient toute la journée et se nourrissent de ce qu'on leur donne. " Joachim 



"Scène de l'Inde d'aujourd'ui : dans une ruelle très "typique" de Bénarès, en face d'un atelier de réparation-rafistolage mécanique en tous genres dont tout le capital résidait en un très vieux fer à souder, deux ou trois indiens s'activaient autour de notre ordinateur, sur le comptoir extérieur d'une espèce de petite "boutique" de téléphones portables bon marché. Ils installaient, sans même avoir besoin de regarder le mode d'emploi, une "clé 3 G" made in India qui est le dernier cri de la connection internet ... C'est en premier grace à eux que vous pourrez suivre ce blog !" Eric


"Pendant le voyage j'ai déjà fait beaucoup de choses : nous avons pris 4 fois l'avion, jusqu'à Paris, jusqu'à Doha, jusqu'à Bombay et jusqu'à Bénares. Aujourdhui j'ai visité les bord du Gange, j'ai vu les crémations (se sont des bûchers pour les morts) et j'ai pris le bateau sur le Gange. Il y avait des temples des dieux indous Shiva, Hanuman et Ganesh" Alexis


Namaskar India ! (bonjour l'Inde)

J'en rêvais depuis 9 ans de revenir dans ce pays où tout est fou.... ce n'était pas le choix le plus judicieux de notre part de débuter notre parcours par Bénares, avec de jeunes enfants. Ici, l'Inde est "démesurée". Je vous laisse imaginer la folie de la circulation et le bruit généré par un embouteillage quasi permanent à l'entrée de la ville; voitures, motos où s'entasse facilement toute une famille, rickshaws, vélos, piétons, bus, camions et vaches sacrées se téléscopent sur la route. On retrouve une relative quiétude sur les ghats (bords de la rivière sacrée).

Cette première étape nous permet d'expliquer aux enfants des notions de la vie : la patience, l'éphémère, le sacré, la différence.

Le site de Sarnath que nous verrons demain fera découvrir aux enfants le bouddhisme, le prince Siddharta et le grand empereur Indien Ashoka.

Puis, dimanche, nous poursuivrons notre voyage , par le train, vers Bhopal.

Bon courage aux Européens , dans le froid désormais.

"Le sourire que tu envoies revient vers toi" proverbe indien

Claire